Management à la con . com

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Archives pour novembre, 2008

Méthode du sauveur du monde

24 novembre 2008 par Alex IT

super manager

Cette méthode est aussi immorale qu’efficace. Elle existe sous deux formes, une très simple et l’autre nettement plus vicieuse.

Le principe de base consiste à créer un problème (sans se faire remarquer) et puis ensuite à le résoudre aux yeux de tous. Que les choses soient claires, il est bien question ici de sabotage.
Plus le problème est grave, plus vous êtes un « sauveur du monde ».

L’unique difficulté pour cette méthode consiste à trouver le bon équilibre entre un problème que n’importe qui pourrait résoudre et un problème trop particulier pour avoir été causé par quelqu’un d’autre que vous.

Les applications sont innombrables. Cela va de la disparition d’un dossier dans les archives à une panne mécanique sur une machine.

Voici un exemple très connu des informaticiens et réservé aux développeurs, que j’ai observé dans les années 90: Ajouter dans un programme des boucles destinées uniquement à ralentir l’ensemble puis, régulièrement, semaine après semaine, faire semblant d’optimiser le programme. Cela permet de consacrer les quelques semaines en question à buller tout en passant pour un champion de l’optimisation.

Variante pour les experts:

Pour que cette méthode soit applicable, il faut que vous ayez un dossier en charge et que votre (ou vos) collègues aient d’autres dossiers. Pour illustrer cette méthode, je vais donner deux exemples, un dans l’automobile et l’autre dans l’informatique. L’un de ces deux exemples est réel et l’autre n’est là que pour transposer dans un autre contexte.

Etape 1 : « Une intervention optimale »
Un client vous demande une intervention sur son véhicule (ou sur un logiciel). Plutôt que de commander les pièces qui manquent – car vous faites toujours en sorte que vos clients soient contentés rapidement – vous allez vous servir sur les autres voitures – que vos collègues entretiennent pour d’autres clients. L’équivalent dans l’informatique consiste à intervenir dans les sources d’un programme utilisé par plusieurs clients au mépris le plus total des conséquences pour les clients autres que le sien.
Faisons un point à la fin cette première étape : Votre client est satisfait de vous – comme d’habitude -, vous avez réagi rapidement et à moindre coût – sans acheter les pièces ou pour l’informatique sans avoir à prendre en compte les règles utiles pour les clients autres que le vôtre, et vous avez saboté le travail en cours d’un ou de plusieurs de vos collègues. Vous n’avez pas de rôle à jouer dans l’étape 2.

Etape 2 : « Les autres après moi »
Lors de l’étape 2, vos collègues livrent chacun le résultat de leur travail à leur client qu’il s’agisse de voiture ou de logiciels. Vous imaginez bien la qualité de la livraison. Des voitures avec des pièces qui manquent ou logiciels avec des comportements contraires à la norme, le tout malgré le soin apporté par les collègues. Vous pouvez imaginer également la réaction des clients : Cela fonctionne moins bien qu’avant. Ah décidément, non seulement les collègues sont moins rapides que vous mais en plus ce qu’ils font ne fonctionne pas. Et puis les clients sont mécontents.

Etape 3 : « Un peu de patience »
Cette étape est délicate et nécessite une bonne expérience du dosage de l’exaspération des patiences.
Il faut laisser mariner tout le monde – clients, collègues et patrons – et n’intervenir qu’à la dernière seconde. C’est-à-dire avant que les clients ne décident de changer de fournisseur, avant que les collègues ne découvrent la cause de leurs malheurs et avant que les patrons ne se demandent pourquoi vous n’intervenez pas personnellement.

Etape 4 : « Sauvetage magistral »
Parce que vous êtes serviable, vous traitez les dossiers calamiteux de vos collègues. Et vous réparez là où vous aviez saboté.
Attention bien sûr à le faire seul, alors que vos collègues sont occupés ailleurs. Le meilleur moment est le soir, car vous êtes certain d’être seul et vous montrez que vous travaillez la nuit pour rattraper les erreurs des autres.
En outre, si vous avez le vice dans le sang, vous pouvez très bien réparer avec exactement la même méthode que pour l’étape 1.

Etape 5 : « Remise de médaille »
Il est très important que cela soit vous qui livriez en personne les voitures – ou logiciels – réparés comme il convient. Vous montrez ainsi à tous que vous êtes le « sauveur du monde ». C’est vous seul qui avez encore une fois résolu les problèmes – pourtant difficiles – alors que vos collègues n’on su que perdre du temps et mécontenter les clients.

Je me souviens très bien du jour où je me suis aperçu de la supercherie qui durait depuis un bon moment. Je n’ai pu m’empêcher d’hurler. Mais mes supérieurs ont su rétablir l’ordre des choses : On m’a expliqué que cela ne sert à rien de s’énerver et de râler tout le temps et qu’on ne peut pas interdire au gourou d’intervenir en cas de problème. Moralité : les « sauveurs du monde » sont intouchables.

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Nom de la méthode : «sauveur du monde»

Facilité de mise en pratique : * * * * pour la méthode de base et * pour la variante réservée aux experts.

Intérêt : Permet de se tailler une réputation hors du commun.

Inconvénient : Nécessite une grande habitude pour se pas se faire démasquer.

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Démonstration de management … à la con!

12 novembre 2008 par Alex IT

Voici une démonstration de management à la con par Bernard Blier :

Il s’agit d’un extrait du film « Un idiot à Paris » ,  sorti en 1967, réalisé par Serge Korber avec des dialogues de … Michel Audiard.

Bien entendu il s’agit là d’une caricature mais cet extrait illustre brillament l’état d’esprit de certains dirigeants aux idées qui ont deux siècles de retard.

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Méthode de manipulation par l’enjeu

5 novembre 2008 par Alex IT

Comme souvent, le titre en dit long sur le sujet traité.

La manipulation par l’enjeu consiste donc à contraindre un collaborateur à accepter ce qu’il aurait refusé dans d’autres circonstances, en s’appuyant sur l’enjeu d’un dossier ou d’une mission.

Le mot « manipulation » est fort, mais adéquat. Dans certains cas, l’enjeu d’un dossier peut être utilisé par un manager pour stimuler son équipe et contribuer ainsi à la motivation. Dans pareils cas, l’utilisation de l’enjeu est saine et positive. Il est en effet fortement recommandé que chacun ait connaissance des enjeux des missions qui lui sont confiées. Mais nous sommes ici sur management-a-la-con.com et malheureusement cette bonne pratique est quelquefois dévoyée par des managers qui en font une méthode de management « à la con ».

La manipulation consiste ici profiter d’un enjeu particulier pour abuser de la bonne volonté d’une personne.

Par exemple, prenons un cadre qui a plus de travail qu’il ne peut en réaliser «normalement». Il est alors inconcevable de lui en demander encore plus, voire beaucoup plus. C’est alors que l’enjeu sert de levier magique : « Il s’agit d’un contrat de cinq cent mille euros », « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce contrat (ou ce client) », « Cette mission déterminera notre entrée ou non sur ce nouveau marché »… . Le principe de cette méthode repose sur l’adhésion du collaborateur à l’enjeu.

Il en faudrait peu pour que cette méthode soit saine. Il suffirait de donner au collaborateur les moyens de réussir sa mission et de l’intéresser à la réussite du projet, avec des modalités selon ses facteurs personnels de motivation. Mais tout cela a un coût et l’idée consiste ici à en demander toujours plus dans l’absence totale de la notion de contrepartie. Bien entendu, ce n’est pas efficient et la réussite des missions est fortement compromise. Cela est également démotivant (sauf pour ceux et celles qui sont stimulés positivement par un excès de pression). Il s’agit bien de management à la con !

Variante :
Une variante usuelle pourrait s’intituler « Le management par le passage en force ». Elle consiste à placer le collaborateur dans une impasse, en jouant par exemple sur le caractère contractuel de la mission : « Je sais que cela sera très difficile, mais nous n’avons pas le choix », « Le client a signé le devis, maintenant nous sommes donc contraints de réaliser cette mission », « Tu es le seul à pouvoir le faire ».

Petit plus :
Généralement ces «demandes» sont parachevées par un « Je compte sur toi ».

 

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