Management à la con . com

Assortiment d'anecdotes et de comportements professionnels vécus, exemplaires et édifiants.

Méthode de l’embrouille par embuscade

16 juillet 2012 par alexitkidissa

 

embrouille
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce mois ci je vous livre une anecdote toute fraîche qui a permis il y a quelques semaines à un manager membre de son comité de direction de faire adopter à l'unanimité moins une voix une mesure néfaste.
 
Cet anecdote a une portée universelle car elle est transposable en méthode de management à la con et car elle s'appuie sur des comportements tout à fait naturels pour des managers non avertis (ou non paranoïaques).
 
Contexte (assez classique):
Le groupe impose l'instauration de (nouvelles) méthodologies organisationnelles et l'utilisation d'outils communs. Attendu que chacun applique une méthode personnelle et qu'aucun outil n'est commun, il s'entend donc que la plupart des équipes vont devoir changer leurs habitudes. Et chacun sait la réticence naturelle des collaborateurs (dont les managers) pour le changement.
Un manager manipulateur (non, ce n'est pas un pléonasme) décide donc d'agir pour préserver la constance de son environnement. Son équipe utilise un outil très spécialisé à son activité (pas le meilleur, pas depuis très longtemps, pas de la meilleure manière, mais ils l'utilisent) et totalement inadapté aux activités des autres équipes et, vous avez deviné, il va parvenir à faire adopter l'outil à l'ensemble du groupe.
 
La méthode:
 
Cette méthode comporte deux phases
 

1- Phase préparatoire

 
C'est la clé de cette méthode de management à la con. La finesse de la préparation consiste en l'adaptation de la posture selon la personnalité des protagonistes.
 
Auprès de tous : on vente les vertus de la "solution".
 
Avec les plus dilettantes et les sensibles à la flatterie :  Les convaincre que

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Méthode de l’auto con-gestion

8 mars 2012 par Alex IT

 

Je vais vous présenter aujourd’hui la méthode de management à la con dite de « l’auto con-gestion ». Cette méthode est relativement simple à mettre en œuvre et elle est relativement efficace, ou nuisible selon qu’on la pratique ou qu’on la subit. Il est également possible de s’en défendre lorsque que l’on est aguerri. J’ambitionne de vous convaincre de ne pas la pratiquer (en restant vigilant) et également de vous immuniser. Il n’est pas interdit par ailleurs de trouver cela divertissant.

 

Commençons par un cas pratique


Un cadre très expérimenté se voit confier un nouveau dossier. Il s’agit d’un dossier simple (pour ce cadre) et rapide (quelques jours de travail). Le cadre rend visite au client (un déplacement à plusieurs centaines de kilomètres du bureau), prend connaissance du dossier, organise et planifie le projet. Il se rend compte alors que le client est bien loin de son bureau et de sa maison, qu’il est tout petit (toute petite entreprise très peu connue et avec peu d’influence sur le marché et un chiffre d’affaire très modeste) et que le client n’est pas commode: il n’est pas bien méchant mais c’est tout simplement un « client difficile ».

Quelques jours plus tard, un nouveau dossier survient. Il s’agit d’un nouveau client très prestigieux, d’un projet avec un budget très important, très proche du bureau et de la maison et avec une équipe très sympathique.

Il s’entend que le cadre en question dispose des moyens requis pour mener à bien ces deux dossiers de manière satisfaisante pour chaque client.

C’est à ce moment que la question éthique se pose :
Un employé peut-il négliger un client pour en sur-satisfaire un autre selon que cet autre constituera une expérience professionnelle plus prestigieuse ?

Le cadre en question ne se pose pas ce type de question, il est certifié au niveau grand maître en management à la con. Il décide donc de « planter » le premier client et c’est bien entendu là que la méthode de « l’auto con-gestion » intervient.

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Anti-méthodologie pour fermer un site

13 décembre 2009 par Alex IT

Anti-méthodologie pour fermer un site

Fermeture

Voici la petite histoire à ne pas reproduire, de la fermeture d’un site. Bien que l’ensemble de l’histoire soit croustillante de bout en bout, cette anecdote se contente de narrer le dernier acte de la tragédie.

Résumé du début de la pièce :
Il existait depuis bien longtemps une entreprise pratiquant avec maitrise les principes de management à la con et suffisamment prospère pour en racheter d’autres, plus petites et moins rentables.
Après bien des aventures, une fois la sentence finale décidée par la plus haute autorité, on annonce aux survivants, qui représentaient environ 10% de l’effectif du groupe, que l’ensemble du personnel de cet établissement est muté à l’autre bout de la France. Devant l’alternative : être mutés ou être licenciés suite à un refus de mutation, les irréductibles font un ultime baroud d’honneur : ils refusent la mutation.
Ils recoivent donc tous un peu plus tard une lettre de convocation à un entretien préalable de licenciement qui est suivi par une lettre de licenciement.
Tout le monde peut imaginer qu’entre le moment de l’annonce officielle de la mutation et le départ effectif de ces cadres, un certain temps s’est écoulé.

Et puis un jour, Lire le reste de cet article »

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Recette du « mille feuilles déguisé en quatre quarts »

12 juin 2009 par Alex IT

Ingrédients : 4 personnes, de profils variés et complémentaires et environ une tonne de dossiers à traiter.
Temps de préparation : D’une unique réunion pour la version chaude à plusieurs réunions par jour pour la version réchauffée.
Délai de dégustation : Quelques  secondes. Un peu à la manière d’un soufflet, cela retombe très vite, je dirais même très très vite. A peine terminé que c’est déjà trop tard et il faut jeter.
Inconvénient : Malgré la légèreté de la méthode c’est très étouffant et on s’en lasse vite.

Le secret de cette recette délicate réside dans une succession de manipulations qui doivent s’enchainer  sans être amalgamées.

Variante : la préparation peut être mise au frais et s’élaborer dans le cadre de plusieurs réunions.

Vous trouverez donc ci-dessous une suggestion de préparation à réserver toutefois à un manager expérimenté.

Première étape,  découper une part de nos quatre ingrédients:
Pour un projet P1, à terminer d’ici 4 mois et nécessitant 6 m.h (mois hommes) de quantité de travail, prendre les trois plus jeunes et les affecter dès maintenant à mi-temps sur le projet. S’ils n’ont pas fini leurs projets en cours, tant pis pour eux, ils se débrouilleront  en jouant sur le mi-temps restant. A force de traîner ils devaient bien se douter qu’un jour le manager leur donnerait quelque chose de nouveau à faire.

Deuxième étape, découper une part de plus, mais dans un autre sens :
Pour un projet P2 de 12 m.h, commençant dans 2 mois et à terminer d’ici 14 mois, prendre les deux plus compétents des quatre et les affecter à mi-temps dès le début du mois prochain. Etant à mi-temps, ils auront de la marge en cas de dérapage et le chef peut donc attendre d’eux une obligation de résultat.

Troisième étape, on découpe encore :
Pour un projet P3,  d’une quantité de travail de 6 m.h à accomplir dans les  10 mois à venir, affecter à plein temps la personne qui connait  le mieux le sujet durant les 3 premiers mois puis ensuite les plus disponibles à mi-temps jusqu’à la fin du projet.

Quatrième étape, on récupère ce qui déborde :
Pour un projet P4 nécessitant entre 4 et 5 m.h de travail, qui aurait du commencer hier et à terminer le plus tôt possible, affecter immédiatement l’employé le plus productif à temps plein sur le dossier. Si cela lui paraît nécessaire, l’habiliter à solliciter l’aide de ses 3 collègues quitte à ce qu’il les aide à son tour à la fin du projet.

Cinquième étape, on saupoudre les miettes :
Pour un projet P5, qui est à la fois court et stratégique, il faut dégager 3 m.h de charges d’ici 4 mois. Pour cela, décaler le projet P1 de un mois et demi et utiliser les deux collaborateurs à temps plein durant un mois. Durant le mois qui suit, utiliser toute l’équipe à mi temps et le tour est joué avec un mois d’avance.

Sixième étape, on retourne pour faire griller tous les côtés :
Pour un projet de long terme, nécessitant 12 mois hommes sur 24 mois, affecter chaque mois un des quatre collaborateurs  à temps plein.

Parce que le manager ne sollicite jamais 100% des ressources à temps plein, cette organisation offre la souplesse de gérer les éventuels dossiers annexes et imprévus qui pourraient survenir, sans impact sur l’organisation.

Bien entendu, comme pour toute recette, chacun peut y apporter sa petite touche personnelle afin de la rendre unique. Par exemple, pour ceux qui éprouvent des difficultés à choisir le nombre de personnes à affecter à chaque projet, il est possible d’utiliser une paire de dés. Tristement, cet accessoire bien utile pour la prise de décision de nombreux managers à la con, ne rentre généralement pas dans le budget des fournitures standard.

En supplément sur notre carte:
Pour celles et ceux qui n’y ont pas perdu leur appétit, le chef vous propose un consommé qui pourra rehausser singulièrement le fruit de cette préparation managériale.

Voici donc la recette complémentaire grâce à laquelle vos convives seront comblés :
• Annoncer la date de livraison (de préférence très optimiste) avant de connaître la charge estimée
• Sous estimer systématiquement la charge
• Sur estimer la productivité des contributeurs
• Sous estimer la difficulté des sujets
• Sur estimer la compétence des acteurs
• Travailler en flux tendu, s’interdisant toute marge de manœuvre
• Ne pas tenir compte des absences (congés, RTT,…) d’ores et déjà planifiées
• Ne pas perdre de temps à anticiper les risques potentiels (il sera toujours temps le moment venu)

Pour ces deux recettes complémentaires, les managers à la con s’appuient notamment sur le principe du surbooking. On parie sur le fait que certains projets seront terminés mieux et plus tôt que prévu, comptant d’une part sur le fait qu’il est statistiquement impossible que tout rate tout le temps (tiens, cela me fait penser aux shadocks, sauf que les shadocks sont imaginaires) et, d’autre part, qu’il faut savoir compter sur la chance.

Il est évident que cette naïveté est digne d’un épisode des Bisounours et qu’elle ne suffit pourtant pas pour réaliser cette recette. Cet exemple est imagé mais que l’on ne s’y trompe pas, il reflète certaines réalités d’entreprises, parfois même assez fidèlement. Si si : c’est possible. Le management à la con existe bel et bien.
Si ces cas sont extrêmes, il est néanmoins important de rester vigilant concernant chacun des éléments évoqués qui, même pris unitairement suffisent à perturber la bonne tenue des projets. Nous sommes ici sur le registre de la méthodologie et des bonnes pratiques organisationnelles.

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Nature dégénérative du management à la con

23 avril 2009 par Alex IT

Lors de la création du blog management à la con .com je n’envisageais pas de créer ce type de billet. En effet, j’ai récemment découvert l’importance d’une approche temporelle dans l’observation des comportements de management à la con.

Récemment, un matin de retour de déplacement professionnel, je découvre avec surprise un document sur mon bureau. La vision de ce document m’a révélé tristement une évidence qui est moins perceptible lorsqu’elle est lente : les comportements managériaux évoluent dans le temps ! Darwin avait-il prévu qu’une évolution puisse s’être mise en œuvre sur quelques années et sur un même individu (sans transmission de gène et sans mutation diagnostiquée). Voici donc un exemple d’évolution dégénérative d’un manager à la con :
Le manager qui a des prédispositions pour le management à la con n’a en général jamais bénéficié d’une quelconque formation au management.

Au début, il confie les dossiers à ses équipiers en faisant l’effort d’aller les voir. Bien entendu, ses aptitudes font qu’il confie des dossiers hautement incomplets, parfois irréalistes en insistant uniquement sur le fait qu’à partir de l’instant où le dossier est confié, il espère ne plus en entendre parler. Bien que cela soit navrant, cela n’a rien d’extraordinaire.

Deux petites phases que j’ai entendues de nombreuses fois dans pareilles circonstances : « Je compte sur toi. Ce qui compte c’est que l’on n’ait pas de problème. »

La phase suivante de cette évolution consiste à supprimer l’effort de se déplacer vers ses équipiers. Pourquoi donc aller perdre du temps et trouver un créneau de 30 secondes pour aller voir les gens plutôt que d’envoyer tout de suite un e-mail d’une phrase. Bien entendu, comme nous parlons ici de management à la con, l’e-mail n’est accompagné d’aucune pièce jointe ni d’aucun lien complémentaire utile à la prise en main du dossier. Par contre, il est terminé de manière quasi systématique par « Il faudra que l’on en parle ». Cela a pour effet d’une part de se laisser une bonne conscience et d’autre part de déplacer vers l’équipier la responsabilité d’obtenir les informations nécessaires à l’accomplissement de sa mission.

A titre d’exemple, j’en profite pour évoquer une rapide anecdote : Un manager demande à un collaborateur, dans un e-mail laconique, de se rendre tel jour dans telle ville, sans autre détail. Aucune indication concernant l’adresse de l’intervention ni concernant l’objectif de l’intervention ni même concernant le client, avec son métier, les produits qu’il a acquis, son contexte et ses attentes, l’histoire de la relation avec l’entreprise. Même pas d’identification d’une personne à contacter. C’est tellement énorme que cela peut sembler inventé ou au mieux exagéré mais non : c’est du vécu et c’est précisément véridique, avec un manager expérimenté et reconnu par sa hiérarchie.

La troisième étape Lire le reste de cet article »

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Méthode du bureau incliné

27 janvier 2009 par Alex IT

Il s’agit certainement de la plus connue et de la plus pratiquée des méthodes de management à la con. Cette méthode constitue malheureusement un penchant naturel pour beaucoup de managers.
La métaphore du bureau incliné est très parlante : cette méthode consiste à faire glisser les dossiers d’un bout à l’autre de son bureau, afin qu’ils quittent le bureau uniquement par ce mouvement et grâce à l’inclinaison donnée au bureau. Bien entendu, pour que cette méthode soit durable, il faut que le bureau soit accolé à un autre bureau, appartenant à un collègue et situé plus bas que le bureau « glissant ».

Il existe plusieurs réglages, allant du bureau très légèrement incliné où les dossiers s’accumulent et glissent lentement, au bureau à la verticale où les dossiers tombent directement (le bureau ne sert alors que de guide). Les plus expérimentés parviennent même à défier la loi de la gravité et, au prix d’un minimum d’interventionnisme, ils arrivent à confier leurs dossiers à des supérieurs hiérarchiques.

Les méthodes employées sont rarement innovantes. Les plus efficaces utilisent les e-mails, qui permettent de transférer une demande quelconque à un collègue en quelques secondes et en un peu moins de clics. Certains utilisent la ruse, d’autres l’exaspération, d’autres encore la pitié, mais le cas le plus fréquent est celui du rapport hiérarchique : le chef refile les dossiers à ses subalternes, qui les refilent à leur tour aux leurs. En effet, cette méthode a l’avantage de pouvoir être pratiquée en cascade, enfin sauf pour ceux qui n’ont pas de subalternes ou qui n’adhèrent pas au concept.

Cette méthode permet à certains « grands » managers de « traiter » un nombre considérable de dossiers avec une très grande célérité (cf. l’inclinaison du bureau, son matériau et sa largeur). Cela a l’avantage également, en cas de problème, de pouvoir transférer la culpabilité et les reproches selon le même procédé. Si un dossier n’est pas traité comme il convient, c’est de la faute de la personne à qui vous l’avez confié. Ah vraiment, vous avez eu tort de trop faire confiance dans la compétence de votre équipe.

Un autre avantage de cette méthode de management à la con vient du fait que la réussite ne glisse pas aussi bien que l’échec. Il est inutile de partager le mérite du succès et de la productivité de cette méthode avec les autres car, au fond, ils ne font que faire ce que l’on attend d’eux.

Cette méthode n’a t elle donc que des avantages ?
Cela amène à s’interroger sur le rôle d’un manager vis-à-vis de son équipe. Si le rôle d’une personne doit consister à dispatcher, avec plus ou moins de valeur ajoutée, des dossiers vers d’autres personnes, s’agit-il alors d’une activité managériale ? A part s’accaparer le mérite des autres et diluer la productivité générale, ces individus se rendent-ils utiles en procédant ainsi ?

Le rôle d’un manager est-il plus de confier des tâches que d’aider à la réalisation des tâches ?
Les managers sont avant tout au service de leur équipe avec pour objectif commun à l’ensemble de l’équipe, de délivrer un service à un client. Les tâches d’un manager, dans son rôle de manager, sont par définition distinctes de celles des autres et ne peuvent donc pas glisser naturellement d’un bureau à l’autre (sauf cas particuliers). Les dossiers émanent de « clients » internes ou externes. L’affectation des dossiers standards ne constitue pas une tâche à forte valeur ajoutée et n’a pas à faire partie des prérogatives d’un manager. Il existe en effet pour cela différents outils et méthodes. L’affectation des dossiers sortant du commun doit, elle, être confiée à un spécialiste qui n’est pas nécessairement manager.

Mais alors concrètement, ça doit faire quoi un manager ?
Et bien nous allons tenter d’y répondre au fil des billets, car bien que la liste de ce qui ne doit pas être fait (management à la con) soit très longue, il est tout de même possible de prodiguer quelques conseils.

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Nom de la méthode : «Méthode du bureau incliné»

Facilité de mise en pratique : * * *

Intérêt : Permet briller auprès de ses supérieurs sans effort.

Inconvénient :  Nécessite une absence totale de professionnalisme et de respect de ses collègues.

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Méthode de manipulation par l’enjeu

5 novembre 2008 par Alex IT

Comme souvent, le titre en dit long sur le sujet traité.

La manipulation par l’enjeu consiste donc à contraindre un collaborateur à accepter ce qu’il aurait refusé dans d’autres circonstances, en s’appuyant sur l’enjeu d’un dossier ou d’une mission.

Le mot « manipulation » est fort, mais adéquat. Dans certains cas, l’enjeu d’un dossier peut être utilisé par un manager pour stimuler son équipe et contribuer ainsi à la motivation. Dans pareils cas, l’utilisation de l’enjeu est saine et positive. Il est en effet fortement recommandé que chacun ait connaissance des enjeux des missions qui lui sont confiées. Mais nous sommes ici sur management-a-la-con.com et malheureusement cette bonne pratique est quelquefois dévoyée par des managers qui en font une méthode de management « à la con ».

La manipulation consiste ici profiter d’un enjeu particulier pour abuser de la bonne volonté d’une personne.

Par exemple, prenons un cadre qui a plus de travail qu’il ne peut en réaliser «normalement». Il est alors inconcevable de lui en demander encore plus, voire beaucoup plus. C’est alors que l’enjeu sert de levier magique : « Il s’agit d’un contrat de cinq cent mille euros », « Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre ce contrat (ou ce client) », « Cette mission déterminera notre entrée ou non sur ce nouveau marché »… . Le principe de cette méthode repose sur l’adhésion du collaborateur à l’enjeu.

Il en faudrait peu pour que cette méthode soit saine. Il suffirait de donner au collaborateur les moyens de réussir sa mission et de l’intéresser à la réussite du projet, avec des modalités selon ses facteurs personnels de motivation. Mais tout cela a un coût et l’idée consiste ici à en demander toujours plus dans l’absence totale de la notion de contrepartie. Bien entendu, ce n’est pas efficient et la réussite des missions est fortement compromise. Cela est également démotivant (sauf pour ceux et celles qui sont stimulés positivement par un excès de pression). Il s’agit bien de management à la con !

Variante :
Une variante usuelle pourrait s’intituler « Le management par le passage en force ». Elle consiste à placer le collaborateur dans une impasse, en jouant par exemple sur le caractère contractuel de la mission : « Je sais que cela sera très difficile, mais nous n’avons pas le choix », « Le client a signé le devis, maintenant nous sommes donc contraints de réaliser cette mission », « Tu es le seul à pouvoir le faire ».

Petit plus :
Généralement ces «demandes» sont parachevées par un « Je compte sur toi ».

 

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Pratique de la pose d’un lapin

10 octobre 2008 par Alex IT

La «pose d’un lapin» est une pratique très similaire au «croche pattes». On y retrouve la même intention fondamentale : nuire et éventuellement en profiter pour se mettre en valeur, ainsi que la même facilité de mise en œuvre.

Si ces deux pratiques se ressemblent tant, alors pourquoi les distinguer ?

Parce que «la pose d’un lapin» est une variante thématique du «croche patte» qui est suffisamment pratiquée pour mériter une fiche et quelques exemples.

Vous l’aurez bien sûr compris, le principe consiste à ne pas honorer un rendez-vous (poser un lapin).

Il existe trois variantes qui vous présentées ci-dessous sous la forme d’exemples réellement vécus :

Variante 1: La victime a besoin d’une assistance, d’un travail ou d’une information de votre part, pour une échéance donnée (le 15 à 9 heures par exemple) où elle doit livrer son travail. La première chose à faire, de toute urgence, est de proposer son aide (en insistant si nécessaire) et en précisant (c’est très important) qu’il est inutile de s’inquiéter et de s’y prendre à l’avance. Ensuite, il faut entretenir cette illusion : « Ne t’inquiète pas, j’ai l’habitude et nous n’en aurons pas pour longtemps.». Si la victime vous relance : « Je viendrai te voir pour m’en occuper très bientôt, dès que j’ai fini le dossier XX. ». Et puis le dernier jour, à la veille de l’échéance : « Ah oui, bien sûr ! Je suis désolé de ne pas avoir eu le temps mais je suis très pris en ce moment. Je passerai te voir dans la journée. Je finis ça et j’arrive. Surtout attends moi. ». Et puis le soir de l’échéance : « Ah vraiment, je suis désolé ; je n’ai vraiment pas pu. Tu sais ce que c’est… en ce moment. Mais bon, je ne vais pas te laisser comme ca. D’autant qu’il n’y en a pas pour longtemps. Vu qu’il est trop tard pour aujourd’hui – je dois-y aller -, je te propose que l’on s’y mette demain matin très tôt. En s’y mettant à 8 heures, nous aurons fini avant 9 heures. Rendez-vous à 7h30 au bureau demain matin. ». Et puis bien entendu, le lendemain matin, à 10 heures, lorsque la victime vous appelle sur votre portable « Ah vraiment, je suis désolé. J’avais oublié que j’avais une réunion en extérieur ce matin. J’ai vraiment trop de choses à gérer en ce moment.»

Variante 2: On vous confie une mission avec un rendez vous en clientèle, sur un sujet que vous ne connaissez pas du tout. Un expert expérimenté est bien entendu là pour vous épauler (C’est comme ça chez nous, il y a toujours au moins un camarade disposé à venir en aide aux petits nouveaux.). Il est bien évident que comme l’expert est très sollicité, et donc très occupé, il n’a pas le temps de préparer l’intervention avec vous. Mais ce n’est pas grave, car il est très expérimenté et il n’a besoin d’aucune préparation. Le trajet en avion sera bien suffisant pour se coordonner sur les points de détail. Comme vous êtes nouveau, le client comprendra que vous ne preniez pas la parole et que vous laissiez l’expert à l’œuvre. L’expert qui a de nombreux sujets en cours n’a plus alors qu’à saborder un de ses dossiers à la dernière minute (la veille du départ) et à « découvrir juste à temps un problème très grave concernant un dossier qu’il gère, nécessitant sa présence jusqu’à ce que la situation soit sauvée. ». Il ne vous reste plus alors, qu’à annuler l’intervention non préparée et non maîtrisée ou, si vous n’avez pas le choix (ce qui a été mon cas), de partir seul à l’abattoir. En complément, il y a deux bonus : Le premier consiste à faire en sorte que la décision de ne pas faire partir l’expert soit prise par un supérieur hiérarchique. Le second consiste à prendre la décision à la dernière minute, pour être certain que le rendez-vous ne soit pas annulé et qu’il n’y ait pas le temps de mettre en œuvre une solution de secours.

Variante 3: Vous assistez un chef de projet qui a beaucoup trop de travail sur son projet. Comme l’expert est très occupé, il n’a pas le temps de vous expliquer ce qu’il fait ni pourquoi, ni les échéances et enjeux du projet. Un beau matin d’été où le chef de projet n’est pas arrivé à l’heure au bureau (ce qui n’est pas inquiétant en soi car pas inhabituel) le client appelle parce qu’il a de graves problèmes dans le cadre du démarrage du projet qui a eu lieu il y a deux heures et il vous apprend que c’est vous qui avez été désigné pour assurer la gestion du dossier durant les vacances du chef du projet.
Non seulement je l’ai vu, mais je l’ai vu plusieurs fois. C’est à la limite d’être une méthode, pour fuir la responsabilité d’une gestion calamiteuse de préparation d’un démarrage de projet.
D’une manière générale, pour que cette pratique soit efficace, il faut veiller à deux règles :
1) Que l’échéance de la victime ne soit pas reportable.
2) Que l’intervention de l’agresseur ne soit pas imposée par les pratiques habituelles de l’organisation.

Et comment se mettre en valeur avec cela ?
Comme souvent, en mettant en évidence l’incompétence du petit jeune. Il ne prépare rien, il ne s’informe de rien et il n’est pas capable de faire quoi que ce soit tout seul. Dès que l’expert ne s’occupe pas personnellement d’un dossier, c’est la catastrophe. Ah vraiment, heureusement que nous avons des experts !

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Nom de la pratique : «pose d’un lapin»

Facilité de mise en pratique : * * * *

Intérêts : Très simple à mettre en œuvre avec de nombreuses occasions de pratiquer. C’est tellement écœurant que, même si vous êtes dénoncé, la victime ne sera pas crédible (surtout si vous êtes un expert reconnu).

Inconvénient : Il est impératif d’alterner les variantes (au bureau, en réunion, en vacances) et de travailler ses alibis pour éviter de se faire démasquer par tout le monde, à la longue.

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Pratique du croche pattes

6 septembre 2008 par Alex IT

Le croche pattes ne mérite pas le titre de méthode car, bien que parfois subtile, cette activité est à la portée de tous. Elle nécessite peu de préparation et peu de précautions. Avec un peu d’habitude, elle se pratique naturellement et permet de compléter la panoplie de méthodes que nous exposons dans management-a-la-con.com.
Aussi intuitive soit-elle, cette pratique qui fait partie du b.a.ba de tout vicieux comportemental qui ne se respecte pas, nécessite quelques éclairages.

Commençons par exposer le principe même s’il apparaît évident. Il s’agit bien sûr de faire trébucher, au sens figuré, un tiers afin d’en tirer un quelconque intérêt. L’intérêt escomptable reste classique : de faire et voir souffrir, à se mettre en valeur, en passant par l’affaiblissement d’un rival.

Il existe deux types de variantes :
1) Le faire à visage découvert ou tendre un piège anonyme
2) Placer ou non un appât afin d’augmenter la fiabilité du piège

 

Exemple pratique :

Vous avez un petit nouveau dans l’équipe, à qui l’on confie un dossier stratégique, assez facile mais nécessitant une complète compréhension du sujet. Il est important que le dossier soit assez facile car il faut qu’après, tout le monde puisse considérer que l’échec du petit nouveau est inacceptable. Il vous suffit alors d’aller voir le petit nouveau et de lui proposer votre aide en tant qu’expert attentionné. Soit dit en passant, il n’est absolument pas utile de maîtriser quoi que ce soit concernant le dossier confié au nouveau. Il ne reste plus ensuite qu’à conseiller le nouveau en lui donnant un maximum d’indications, les plus précises possibles et avec un maximum d’assurance. – «fais moi confiance, cela n’a aucune importance si tu ne comprends pas pourquoi il faut faire comme cela, tu comprendras plus tard car là je n’ai pas le temps de t’expliquer (je suis un expert très occupé)… ». – La seule difficulté de l’opération consiste à ne pas donner de bons conseils, par erreur. L’idéal, mais ce n’est pas toujours possible, c’est de choisir soit même le dossier confié au nouveau. J’ai vécu – à mes dépends- la version de base et j’ai observé la seconde sur une autre victime. Les deux sont très efficaces.

Bien entendu, comme pour toute activité sportive, il y a quelques contres indications. Tout le monde sait en effet qu’il est plus aisé de faire un croche pattes à un enfant d’un an qu’à un TGV (très grand vigoureux).

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Nom de la pratique : « croche pattes »

Facilité de mise en pratique : * * * *

Intérêt : Très simple à mettre en œuvre elle permet d’atteindre une variété d’objectifs.

Inconvénient : C’est abject.

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Méthode du sacrifice des vierges

3 août 2008 par Alex IT

Cette mauvaise pratique très répandue offre une grande palette d’objectifs autour de deux axes : se mettre en valeur et décrédibiliser un prétendant.

Agir au grand jour au détriment d’un collègue (lorsque l’on n’a pas de fournisseur sous la main) présente certains risques si la victime est aguerrie ou si elle dispose d’un pouvoir de représailles. La solution consiste à s’en prendre à une personne inexpérimentée, crédule, sans soutien et avec un minimum de crédibilité. D’où la métaphore de la vierge. Une cible idéale dans ce cas est par exemple un jeune et nouveau stagiaire.

Deux catégories d’actions sont observées :

  1. La dévalorisation du collègue afin de se mettre en valeur.
  2. Le rejet des conséquences de ses errements sur un innocent.
En voici deux exemples observés :
1) Le jeune fier et naïf enseigne à son tuteur quelques connaissances techniques actuelles et utiles. Le tuteur, soucieux de toujours maintenir informée sa hiérarchie concernant ses multiples compétences s’empresse d’utiliser ces précieuses connaissances et lui tient à peu près ce langage: « Cela m’embête un peu de devoir vous le dire mais bon, je suis très surpris et très déçu du petit nouveau. En effet nous avons beaucoup parlé du sujet X, très actuel et que tout professionnel doit maîtriser et j’ai eu la grande déception de constater que le petit dernier ne sait même pas que … ». Nous avons dans cet exemple un cumul de trois effets retour :
  • Le nouveau est discrédité dès le départ : élimination précoce de la concurrence interne.
  • On montre à sa hiérarchie ses capacités à rendre compte et à alerter, faisant passer l’intérêt de la société avant la sauvegarde de l’emploi (des jeunes).
  • On informe sa hiérarchie que l’on maîtrise les sujets les plus actuels que même les jeunes diplômés ne maîtrisent pas encore.
2) Un ancien met à la disposition d’un jeune stagiaire un poste de travail qu’il a installé et qu’il maintient depuis longtemps. Le jeune stagiaire, naïf, s’étonne du manque de productivité du poste de travail en question. Pour information, le poste avait été configuré par l’ancien en dépit des règles les plus élémentaires et truffé de gadgets plus inutiles et incompatibles les uns que les autres. L’information d’un problème sur le poste est propagée par le stagiaire. L’ancien résout la situation. Il audite le poste et y découvre plusieurs virus installés par le stagiaire négligeant. « Ah vraiment ces stagiaires, on ne peut décidément faire confiance à personne. » Vous l’aurez compris, il n’y a jamais eu de virus sur le poste. Mais 90% de l’entreprise est persuadé du contraire. Les spécificités de cet exemple par rapport au précédent sont d’une part le côté « expert sauveur en situation périlleuse » et d’autre part le camouflage d’une incompétence manifeste.

Dans certains cas plus rares cette méthode apporte encore plus. En effet, certaines personnes ont besoin pour leur épanouissement personnel d’exercer un certain pouvoir sur les autres. Mais cela n’est pas toujours possibles ou en tous cas pas toujours simple. Il se trouve – même si c’est malsain – que le “pouvoir de nuisance” est une forme de pouvoir plus accessible à certains que le pouvoir de bienfaisance. Le fait de savoir que l’on soit parvenu seul à nuire à autrui peu procurer chez ces “frustrés du pouvoir” une grande satisfaction personnelle complémentaire.

Cette méthode est donc très puissante et doit donc doit être utilisée avec précaution. De plus, elle peut être affinée avec l’expérience – ou plutôt l’expérimentation.

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Nom de la méthode : « sacrifice des vierges »

Facilité de mise en pratique : * *

Intérêts : Se mettre en valeur, éliminer la concurence interne, camoufler ses fautes et nuire.

Limite: Cette méthode perd une grande partie de son intérêt lorsque l’on dispose de quelques compétences professionnelles.

Inconvénients : Le risque est très grand en cas de sous-estimation de la victime. Cela permet de se créer un réseau d’ennemis. Cela nécessite une absence totale de morale.

Variante : Comme sous-entendu en introduction, cela fonctionne également avec des jeunes fournisseurs.

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Méthode du camouflage par le détail

27 juillet 2008 par Alex IT

Il s’agit d’un grand classique. Je connais un grand expert qui la pratique régulièrement depuis plus de dix ans et également un jeune qui s’y essaie. Cette méthode s’appuie sur un principe très simple et permet un grand nombre de variantes.

Le principe consiste à exposer à qui veut bien l’entendre un maximum de détails sur ce que l’on a fait ou sur ce que l’on est en train de faire. Il faut utiliser un maximum de termes techniques, donner un maximum de précisions et de chiffres de préférence exacts, mais il n’est surtout pas nécessaire, voire déconseillé de fournir des informations utiles à la compréhension réelle de ce que vous faites. L’objectif est que votre interlocuteur se dise que vous avez énormément de travail, que c’est très compliqué et qu’il n’a rien compris. Vous passez ainsi pour quelqu’un qui rapporte de manière détaillée et fidèle à son entourage, qui travaille énormément et qui est un expert.

Exemple fictif pour illustrer la méthode : « Je travaille actuellement sur l’étude d’un document qui traite de nombreux sujets et qui contient plus de 300 paragraphes. L’analyse croisée entre les nombreux sujets nécessite une très grande attention, surtout que j’ai repéré plusieurs incohérences. J’y suis depuis le début de la matinée mais j’aurais terminé avant midi.» Alors qu’en fait vous être en train de lire votre journal.

Cette méthode fonctionne aussi bien à l’écrit qu’à l’oral. Il est très facile d’écrire une page d’explications pour commenter un travail de quelques minutes et par la même occasion camoufler plusieurs jours de paresse.

Cette méthode est d’autant plus efficace si vos interlocuteurs ne maitrisent pas tous les aspects de votre travail. L’ « expert » dont je parlais au début de cet article parvient à faire illusion auprès de sa hiérarchie depuis plus de dix ans et passe pour un grand professionnel. Il est un des managers clés de l’entreprise. On lui reproche seulement d’être trop confus, de trop perdre de temps sur des détails et d’avoir du mal à tenir des délais, ce qui est bien peu au regard de l’énormité de la supercherie.

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Nom de la méthode : « camouflage par le détail »

Facilité de mise en pratique : * * * *

Intérêt (Double avantage) : On masque l’improductivité et l’on passe pour grand travailleur expert de son ou ses domaines d’activité.

Inconvénients : Cela ne fonctionne pas avec des personnes qui maitrisent parfaitement l’activité concernée et il y a alors un grand risque d’être démasqué. Et c’est malhonnête.

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