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Assortiment d'anecdotes et de comportements professionnels vécus, exemplaires et édifiants.

Pratique de la pose d’un lapin

10 octobre 2008 par Alex IT

La «pose d’un lapin» est une pratique très similaire au «croche pattes». On y retrouve la même intention fondamentale : nuire et éventuellement en profiter pour se mettre en valeur, ainsi que la même facilité de mise en œuvre.

Si ces deux pratiques se ressemblent tant, alors pourquoi les distinguer ?

Parce que «la pose d’un lapin» est une variante thématique du «croche patte» qui est suffisamment pratiquée pour mériter une fiche et quelques exemples.

Vous l’aurez bien sûr compris, le principe consiste à ne pas honorer un rendez-vous (poser un lapin).

Il existe trois variantes qui vous présentées ci-dessous sous la forme d’exemples réellement vécus :

Variante 1: La victime a besoin d’une assistance, d’un travail ou d’une information de votre part, pour une échéance donnée (le 15 à 9 heures par exemple) où elle doit livrer son travail. La première chose à faire, de toute urgence, est de proposer son aide (en insistant si nécessaire) et en précisant (c’est très important) qu’il est inutile de s’inquiéter et de s’y prendre à l’avance. Ensuite, il faut entretenir cette illusion : « Ne t’inquiète pas, j’ai l’habitude et nous n’en aurons pas pour longtemps.». Si la victime vous relance : « Je viendrai te voir pour m’en occuper très bientôt, dès que j’ai fini le dossier XX. ». Et puis le dernier jour, à la veille de l’échéance : « Ah oui, bien sûr ! Je suis désolé de ne pas avoir eu le temps mais je suis très pris en ce moment. Je passerai te voir dans la journée. Je finis ça et j’arrive. Surtout attends moi. ». Et puis le soir de l’échéance : « Ah vraiment, je suis désolé ; je n’ai vraiment pas pu. Tu sais ce que c’est… en ce moment. Mais bon, je ne vais pas te laisser comme ca. D’autant qu’il n’y en a pas pour longtemps. Vu qu’il est trop tard pour aujourd’hui – je dois-y aller -, je te propose que l’on s’y mette demain matin très tôt. En s’y mettant à 8 heures, nous aurons fini avant 9 heures. Rendez-vous à 7h30 au bureau demain matin. ». Et puis bien entendu, le lendemain matin, à 10 heures, lorsque la victime vous appelle sur votre portable « Ah vraiment, je suis désolé. J’avais oublié que j’avais une réunion en extérieur ce matin. J’ai vraiment trop de choses à gérer en ce moment.»

Variante 2: On vous confie une mission avec un rendez vous en clientèle, sur un sujet que vous ne connaissez pas du tout. Un expert expérimenté est bien entendu là pour vous épauler (C’est comme ça chez nous, il y a toujours au moins un camarade disposé à venir en aide aux petits nouveaux.). Il est bien évident que comme l’expert est très sollicité, et donc très occupé, il n’a pas le temps de préparer l’intervention avec vous. Mais ce n’est pas grave, car il est très expérimenté et il n’a besoin d’aucune préparation. Le trajet en avion sera bien suffisant pour se coordonner sur les points de détail. Comme vous êtes nouveau, le client comprendra que vous ne preniez pas la parole et que vous laissiez l’expert à l’œuvre. L’expert qui a de nombreux sujets en cours n’a plus alors qu’à saborder un de ses dossiers à la dernière minute (la veille du départ) et à « découvrir juste à temps un problème très grave concernant un dossier qu’il gère, nécessitant sa présence jusqu’à ce que la situation soit sauvée. ». Il ne vous reste plus alors, qu’à annuler l’intervention non préparée et non maîtrisée ou, si vous n’avez pas le choix (ce qui a été mon cas), de partir seul à l’abattoir. En complément, il y a deux bonus : Le premier consiste à faire en sorte que la décision de ne pas faire partir l’expert soit prise par un supérieur hiérarchique. Le second consiste à prendre la décision à la dernière minute, pour être certain que le rendez-vous ne soit pas annulé et qu’il n’y ait pas le temps de mettre en œuvre une solution de secours.

Variante 3: Vous assistez un chef de projet qui a beaucoup trop de travail sur son projet. Comme l’expert est très occupé, il n’a pas le temps de vous expliquer ce qu’il fait ni pourquoi, ni les échéances et enjeux du projet. Un beau matin d’été où le chef de projet n’est pas arrivé à l’heure au bureau (ce qui n’est pas inquiétant en soi car pas inhabituel) le client appelle parce qu’il a de graves problèmes dans le cadre du démarrage du projet qui a eu lieu il y a deux heures et il vous apprend que c’est vous qui avez été désigné pour assurer la gestion du dossier durant les vacances du chef du projet.
Non seulement je l’ai vu, mais je l’ai vu plusieurs fois. C’est à la limite d’être une méthode, pour fuir la responsabilité d’une gestion calamiteuse de préparation d’un démarrage de projet.
D’une manière générale, pour que cette pratique soit efficace, il faut veiller à deux règles :
1) Que l’échéance de la victime ne soit pas reportable.
2) Que l’intervention de l’agresseur ne soit pas imposée par les pratiques habituelles de l’organisation.

Et comment se mettre en valeur avec cela ?
Comme souvent, en mettant en évidence l’incompétence du petit jeune. Il ne prépare rien, il ne s’informe de rien et il n’est pas capable de faire quoi que ce soit tout seul. Dès que l’expert ne s’occupe pas personnellement d’un dossier, c’est la catastrophe. Ah vraiment, heureusement que nous avons des experts !

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Nom de la pratique : «pose d’un lapin»

Facilité de mise en pratique : * * * *

Intérêts : Très simple à mettre en œuvre avec de nombreuses occasions de pratiquer. C’est tellement écœurant que, même si vous êtes dénoncé, la victime ne sera pas crédible (surtout si vous êtes un expert reconnu).

Inconvénient : Il est impératif d’alterner les variantes (au bureau, en réunion, en vacances) et de travailler ses alibis pour éviter de se faire démasquer par tout le monde, à la longue.

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Pratique du croche pattes

6 septembre 2008 par Alex IT

Le croche pattes ne mérite pas le titre de méthode car, bien que parfois subtile, cette activité est à la portée de tous. Elle nécessite peu de préparation et peu de précautions. Avec un peu d’habitude, elle se pratique naturellement et permet de compléter la panoplie de méthodes que nous exposons dans management-a-la-con.com.
Aussi intuitive soit-elle, cette pratique qui fait partie du b.a.ba de tout vicieux comportemental qui ne se respecte pas, nécessite quelques éclairages.

Commençons par exposer le principe même s’il apparaît évident. Il s’agit bien sûr de faire trébucher, au sens figuré, un tiers afin d’en tirer un quelconque intérêt. L’intérêt escomptable reste classique : de faire et voir souffrir, à se mettre en valeur, en passant par l’affaiblissement d’un rival.

Il existe deux types de variantes :
1) Le faire à visage découvert ou tendre un piège anonyme
2) Placer ou non un appât afin d’augmenter la fiabilité du piège

 

Exemple pratique :

Vous avez un petit nouveau dans l’équipe, à qui l’on confie un dossier stratégique, assez facile mais nécessitant une complète compréhension du sujet. Il est important que le dossier soit assez facile car il faut qu’après, tout le monde puisse considérer que l’échec du petit nouveau est inacceptable. Il vous suffit alors d’aller voir le petit nouveau et de lui proposer votre aide en tant qu’expert attentionné. Soit dit en passant, il n’est absolument pas utile de maîtriser quoi que ce soit concernant le dossier confié au nouveau. Il ne reste plus ensuite qu’à conseiller le nouveau en lui donnant un maximum d’indications, les plus précises possibles et avec un maximum d’assurance. – «fais moi confiance, cela n’a aucune importance si tu ne comprends pas pourquoi il faut faire comme cela, tu comprendras plus tard car là je n’ai pas le temps de t’expliquer (je suis un expert très occupé)… ». – La seule difficulté de l’opération consiste à ne pas donner de bons conseils, par erreur. L’idéal, mais ce n’est pas toujours possible, c’est de choisir soit même le dossier confié au nouveau. J’ai vécu – à mes dépends- la version de base et j’ai observé la seconde sur une autre victime. Les deux sont très efficaces.

Bien entendu, comme pour toute activité sportive, il y a quelques contres indications. Tout le monde sait en effet qu’il est plus aisé de faire un croche pattes à un enfant d’un an qu’à un TGV (très grand vigoureux).

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Nom de la pratique : « croche pattes »

Facilité de mise en pratique : * * * *

Intérêt : Très simple à mettre en œuvre elle permet d’atteindre une variété d’objectifs.

Inconvénient : C’est abject.

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Méthode du sacrifice des vierges

3 août 2008 par Alex IT

Cette mauvaise pratique très répandue offre une grande palette d’objectifs autour de deux axes : se mettre en valeur et décrédibiliser un prétendant.

Agir au grand jour au détriment d’un collègue (lorsque l’on n’a pas de fournisseur sous la main) présente certains risques si la victime est aguerrie ou si elle dispose d’un pouvoir de représailles. La solution consiste à s’en prendre à une personne inexpérimentée, crédule, sans soutien et avec un minimum de crédibilité. D’où la métaphore de la vierge. Une cible idéale dans ce cas est par exemple un jeune et nouveau stagiaire.

Deux catégories d’actions sont observées :

  1. La dévalorisation du collègue afin de se mettre en valeur.
  2. Le rejet des conséquences de ses errements sur un innocent.
En voici deux exemples observés :
1) Le jeune fier et naïf enseigne à son tuteur quelques connaissances techniques actuelles et utiles. Le tuteur, soucieux de toujours maintenir informée sa hiérarchie concernant ses multiples compétences s’empresse d’utiliser ces précieuses connaissances et lui tient à peu près ce langage: « Cela m’embête un peu de devoir vous le dire mais bon, je suis très surpris et très déçu du petit nouveau. En effet nous avons beaucoup parlé du sujet X, très actuel et que tout professionnel doit maîtriser et j’ai eu la grande déception de constater que le petit dernier ne sait même pas que … ». Nous avons dans cet exemple un cumul de trois effets retour :
  • Le nouveau est discrédité dès le départ : élimination précoce de la concurrence interne.
  • On montre à sa hiérarchie ses capacités à rendre compte et à alerter, faisant passer l’intérêt de la société avant la sauvegarde de l’emploi (des jeunes).
  • On informe sa hiérarchie que l’on maîtrise les sujets les plus actuels que même les jeunes diplômés ne maîtrisent pas encore.
2) Un ancien met à la disposition d’un jeune stagiaire un poste de travail qu’il a installé et qu’il maintient depuis longtemps. Le jeune stagiaire, naïf, s’étonne du manque de productivité du poste de travail en question. Pour information, le poste avait été configuré par l’ancien en dépit des règles les plus élémentaires et truffé de gadgets plus inutiles et incompatibles les uns que les autres. L’information d’un problème sur le poste est propagée par le stagiaire. L’ancien résout la situation. Il audite le poste et y découvre plusieurs virus installés par le stagiaire négligeant. « Ah vraiment ces stagiaires, on ne peut décidément faire confiance à personne. » Vous l’aurez compris, il n’y a jamais eu de virus sur le poste. Mais 90% de l’entreprise est persuadé du contraire. Les spécificités de cet exemple par rapport au précédent sont d’une part le côté « expert sauveur en situation périlleuse » et d’autre part le camouflage d’une incompétence manifeste.

Dans certains cas plus rares cette méthode apporte encore plus. En effet, certaines personnes ont besoin pour leur épanouissement personnel d’exercer un certain pouvoir sur les autres. Mais cela n’est pas toujours possibles ou en tous cas pas toujours simple. Il se trouve – même si c’est malsain – que le “pouvoir de nuisance” est une forme de pouvoir plus accessible à certains que le pouvoir de bienfaisance. Le fait de savoir que l’on soit parvenu seul à nuire à autrui peu procurer chez ces “frustrés du pouvoir” une grande satisfaction personnelle complémentaire.

Cette méthode est donc très puissante et doit donc doit être utilisée avec précaution. De plus, elle peut être affinée avec l’expérience – ou plutôt l’expérimentation.

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Nom de la méthode : « sacrifice des vierges »

Facilité de mise en pratique : * *

Intérêts : Se mettre en valeur, éliminer la concurence interne, camoufler ses fautes et nuire.

Limite: Cette méthode perd une grande partie de son intérêt lorsque l’on dispose de quelques compétences professionnelles.

Inconvénients : Le risque est très grand en cas de sous-estimation de la victime. Cela permet de se créer un réseau d’ennemis. Cela nécessite une absence totale de morale.

Variante : Comme sous-entendu en introduction, cela fonctionne également avec des jeunes fournisseurs.

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